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L’agriculture de conservation au cœur de l’association BASE

L’agriculture de conservation au cœur de l’association BASE

Le 28 novembre dernier, notre équipe s’est rendue en Dordogne à Mareuil en Périgord pour assister à une réunion organisée par l’association BASE (Biodiversité, Agriculture, Sol et Environnement) à laquelle nous adhérons.

Qu’est-ce que l’association BASE ?

L’association BASE a été créée en 2000, elle regroupe environ 1200 professionnels (agriculteurs, techniciens, entrepreneurs, chercheurs…) ayant un grand intérêt pour les méthodes de conservation des sols. L’objectif de ce réseau est de pouvoir échanger sur leurs différentes approches de l’agriculture de conservation, mais aussi mettre en commun leurs expériences et tester de nouvelles méthodes visant à respecter l’écosystème des sols agricoles et ainsi développer une agriculture durable.


Quels sujets ont été abordés lors de cette réunion ?

Lors de cette réunion, plusieurs intervenants ont pris la parole sur le sujet suivant : la couverture permanente des sols pour des cultures performantes.
La première partie de la réunion fut animée par Marie José BLAZIAN, technicienne au sein d’une structure de conseil du sud-Est appelée AGRO D’OC. Cette structure est une coopérative agricole régionale organisée en CETA (Centre d’Etude des Techniques Agricoles).

La réunion a permis de relever différentes informations techniques exposant les intérêts des méthodes de conservation des sols. 

L’agriculture de conservation repose sur 3 grands principes :

  • la couverture permanente du sol (couvert végétal)
  • la réduction voire la suppression du travail du sol
  • la rotation, diversification des cultures

La mise en place de couverts végétaux sera favorable à la création de biomasse mais va également offrir de nombreux autres avantages au sol

  • Limiter l’érosion
  • Diversifier la faune et la flore
  • Favoriser la création de biotope et d’un écosystème durable
  • Eviter l’enherbement sauvage et maitriser les adventices
  • Minimiser l’évaporation
  • Conserver un sol frais même pendant les périodes chaudes
  • Développer un sol plus humifère grâce à la création d’humus dans l’horizon supérieur
  • Capturer les reliquats d’azote
  • Produire de l’azote en conséquence permettant une restitution pour les prochaines cultures
  • Ameublir et décompacter les sols
  • Faciliter les écoulements de surface
  • Améliorer la porosité des sols (racines actives ou en décomposition)

vers de terre

Pour que cette méthode soit efficace, il faut que le couvert végétal soit mis en place rapidement après le passage de la moissonneuse-batteuse afin de profiter de l’humidité du sol et de vite occuper l’espace avant que les adventices viennent s’y installer.

Quels types de couverts ? Et comment les choisir ?

Concernant le choix des variétés de couverts à planter, plusieurs facteurs sont à prendre en compte :

  • La durée d’implantation des couverts
  • La précédente culture
  • La culture à venir
  • La méthode de destruction
  • La résistance du couvert aux intempéries
  • Le volume de biomasse apportée
  • Prise en compte du phénomène allélopathique (influence positive ou négative d'une plante sur une autre, induite par des molécules chimiques) plus ou moins présent chez certaines variétés. Exemple : le seigle, le soja ou le sorgho réduit la flore adventice. Cela permet de limiter l’utilisation d’herbicide, de fongicide ou encore d’insecticide.

Nous pouvons faire la distinction de 3 types de couverts :

  • Printemps
  • Estivaux (mise en place après la récolte entre mi-juin et mi-juillet puis destruction vers mi-septembre)
  • Hivernaux (mise en place fin août et destruction aux alentours de mi-novembre)

Les indications sur les périodes seront différentes selon les régions (exemple : la récolte est plus précoce dans le Sud-Ouest que dans le Nord de la France). De plus, la réglementation impose certaines dates butoirs pour les CIPAN (Cultures Intermédiaires Pièges à Nitrates).

Plusieurs choix sont possibles dans la mise en place et l’association des couverts :

  • Une culture en dérobé (double culture) en semi direct sous couvert végétal de soja après une culture d’orge.
  • Des couverts hivernaux en inter-culture longue (exemple : culture de blé puis soja)
  • Des couverts estivaux en inter-culture courte (exemple : culture de blé puis féverole)

Pour une démarche efficace, il sera important de choisir des couverts associant des légumineuses et des graminées. Ces dernières permettent de conserver le paillage au sol alors que les légumineuses auront un fort potentiel en apport de l’azote au sol. Exemple de mélange de couvert : féverole (légumineuse) et avoine (graminée).

La féverole est souvent privilégiée dans les couverts. Seule ou en association, cette espèce permet un apport considérable en azote et se détruit facilement. La féverole assure également la restructuration des sols grâce à son système racinaire volumineux.

Champ de féverole

Comment adapter ses outils aux techniques de conservation des sols ?

Comme évoqué précédemment, les groupes de travail organisés par l’association BASE permettent d’aborder un spectre très large de techniques destinées à l’amélioration des rendements tout en prenant en compte la qualité agronomique des sols, en améliorant leurs structures et en favorisant le développement de matières organiques. De nombreuses pratiques vertueuses voient ainsi le jour.

Pour donner un exemple, certains adhérents n’hésitent pas à procéder à des modifications sur leurs semoirs pour permettre une meilleure qualité de germination, mais aussi pour améliorer le passage de l’outil en condition extrême.

Pour cela, des accessoires sur les éléments semeurs sont rajoutés ou des modifications sont réalisées sur certains composants. Exemples :

  • Des coutres fixes pour écarter les pierres de l’axe de la bande de semi
  • Le rajout de languette souple d’appui des graines pour le contrôle du contact graine/terre
  • Le rajout d’une chaine à l’arrière des disques ouvreur en position transversale pour fermer le sillon.
  • La modification des blocs roue tasseuse (suppression des bandes caoutchoucs et rajout d’un disque dentelé métallique) pour l’amélioration sur zone de tassage.

Concernant le choix de l’outil de travail, il existe aujourd’hui une grande diversité de semoirs adaptés aux techniques de conservation des sols. Pour optimiser la qualité de levée et le rendement hectares, de nombreux exploitants font le choix de disposer de deux semoirs. Si certains privilégient les outils à dents d’autres seront fervents d’outils à disques. Et pour cause, chaque semoir va avoir ses avantages et ses inconvénients.

Les semoirs à dents sont appréciés pour leur simplicité de travail, leur facilité d’entretien et la qualité du travail réalisé. En effet, ils permettent une bonne pénétration et un meilleur positionnement de la graine. En revanche, un travail dans un sol encombré n’est pas conseillé. L’outil risque de rencontrer des problèmes de bourrage. Sur le principe du « low disturbance » autrement dit le fait de remuer le moins possible la terre, il sera préférable d’opter pour des socs étroits (12 mm). L’intérêt étant de générer uniquement le mouvement de terre nécessaire à l’implantation de la graine et ainsi minimiser le travail du sol.

Les semoirs à disques seront à privilégier lors de l’implantation d’une culture dans une végétation haute et dense. En raison d’une faible pénétration, les semoirs à disques bouleversent peu les sols et permettent de ne pas perturber la biomasse. On va différencier plusieurs semoirs à disques :

  • Les semoirs mono-disques : le disque va ouvrir le sillon, et le coutre va guider la semence
  • Les semoirs double disque : les disques sont positionnés en décalés. Le premier sert à attaquer le sol et le second ouvre le sillon
  • Les semoirs triple-disques : un disque ouvreur est positionné à l’avant et prépare la ligne de semis. Les deux disques suivant assurent la mise en terre (éléments semeurs)
  • Les semoirs à disques inclinés : ils ont la particularité de posséder un angle d’attaque important. Le disque incliné soulève la bande de terre et ouvre le sillon afin de positionner la graine au fond. Une roue plombeuse vient ensuite rappuyer la bande de terre sur la graine. L’impact du semoir sur le sol est ainsi très faible.

Enfin, lors d’un semis dans un couvert vivant, il est judicieux d’équiper son semoir de disques ouvreur indépendants. Positionnés sur un axe indépendant des éléments semeurs, le passage de ce type de disque permet de trancher la végétation et les résidus.

 semoir semi direct

Ainsi, le maintien, la restructuration et la conservation des sols passe par la mise en place d’une couverture permanente des sols en développant différents procédés : les couverts hivernaux, les inter-cultures courtes estivales, les couverts à durée indéterminée, les plantes compagnes, les cultures associées mais également l’agroforesterie.

Les méthodes développées en agriculture de conservation doivent aussi permettre, à terme, de diminuer l’impact de l’agriculture sur le changement climatique. L’intérêt est de :

  • Diminuer les apports de fertilisants azotés notamment grâce au recours à des légumineuses
  • Stocker du carbone dans le sol et la biomasse grâce au développement des techniques culturales sans labour, des cultures intermédiaires (grande culture), des cultures intercalaires (vignes), des bandes enherbées (près des cours d’eau), de l’agroforesterie, etc.
  • Modifier la ration des animaux (réduire la teneur en azote) afin de diminuer les émissions de méthane entérique liées aux effluents des animaux.
  • Valoriser les effluents pour produire de l’énergie grâce au développement des installations de méthanisation et par conséquent diminuer la consommation d’énergie fossile.

En bref, il faut faire la chasse au sol nu !

Il y a aujourd’hui une prise de conscience et une réelle volonté d’aller vers des méthodes de travail des sols plus respectueuses. Cette journée avec l’association BASE fut l’occasion d’échanger sur de nombreux sujets riches en réflexion et de découvrir de nombreux aspects relatifs aux méthodes d’agriculture de conservation et de techniques culturales simplifiées.

Vous êtes en recherche de solution pour adapter votre outil à votre technique culturale ? Nous avons les clés pour vous accompagner au mieux dans votre projet d’auto-construction.

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Le vendredi 7 février, nous avons participé à une réunion organisée par l’association BASE à Chambray-lès-Tours. La conférence avait lieu le matin puis l’après-midi nous nous sommes rendus sur une parcelle en agriculture de conservation afin de constater l’état des sols.   

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Vincent BRULE, agriculteur du Maine et Loire, a fait évoluer sa technique culturale en passant à un système de conservation des sols et en ayant la volonté de limiter l’utilisation des outils et couvrir au maximum les sols. Il nous présente aussi une façon originale et unique d’utiliser le semoir petites graines SP200.